Le DSIP, pour « delta sleep-inducing peptide », est un nonapeptide : une chaîne de neuf acides aminés. Il a été isolé en 1977 à Bâle par Guido Schoenenberger et Marcel Monnier, à partir du sang veineux cérébral de lapins plongés dans le sommeil par une stimulation électrique du thalamus.
Injecté à d'autres lapins, cet extrait augmentait les ondes delta de l'électroencéphalogramme, celles du sommeil lent profond. D'où son nom.
Un peptide sans récepteur identifié
Près de cinquante ans plus tard, aucun récepteur spécifique du DSIP n'a été identifié, et le gène qui le coderait n'est pas connu avec certitude. Le peptide a pourtant été détecté dans le cerveau, l'hypophyse, l'intestin et le plasma. Une revue de 2006 le qualifie d'« énigme toujours non résolue ».
Ce que les études ont mesuré
- Chez l'animal, une augmentation du sommeil lent dans certains modèles, mais pas dans tous : les résultats varient selon l'espèce, la dose et le moment de l'injection.
- Des effets décrits sur la réponse au stress, la température corporelle et la perception de la douleur.
- Chez l'humain, quelques petites études des années 1980 sur l'insomnie, aux résultats modestes et parfois contradictoires.
Pourquoi le sujet reste ouvert
La durée de vie du DSIP dans le sang est très courte, de l'ordre de quelques minutes, et il circule en partie lié à d'autres molécules. Sans récepteur connu, il est difficile de relier ses effets à un mécanisme précis. C'est pourquoi le DSIP reste surtout un outil de recherche fondamentale sur la régulation du sommeil.
Ce que ce n'est pas
Le DSIP n'est pas un somnifère et ne dispose d'aucune autorisation de mise sur le marché en Europe ou aux États-Unis. La fiole PeptidLab est un réactif de laboratoire.
Fiche technique
- Nom
- DSIP (delta sleep-inducing peptide)
- Séquence
- WAGGDASGE (9 acides aminés)
- Masse molaire
- 848,8 g/mol
- N° CAS
- 62568-57-4
- Découverte
- 1977, Schoenenberger et Monnier (Bâle)
- Récepteur ou cible
- Non identifié à ce jour
- Statut réglementaire
- Aucune autorisation de mise sur le marché
Ce que dit la recherche
Résumé des données publiées, rédigé par l'équipe PeptidLab. Il décrit des molécules étudiées en laboratoire ou en essai clinique : rien ici n'est une indication d'usage.
1977DécouverteProc Natl Acad Sci USA
Isolement et caractérisation du peptide à partir du sang de lapins endormis : il augmente l'activité delta de l'électroencéphalogramme.
1983Étude chez l'humainNeuropsychobiology
Petites études chez l'humain sur le sommeil et d'autres paramètres psychophysiologiques, aux résultats modestes.
2006RevueJ Neurochem
Bilan de trente ans de recherche : effets décrits sur le sommeil, le stress et la douleur, mais ni récepteur ni gène identifiés avec certitude.
Sécurité : ce que rapportent les études
- Les rares études chez l'humain sont anciennes et de petite taille : elles ne permettent pas d'établir un profil de sécurité.
Sources
Liens vers PubMed ou vers le document d'origine. Articles en anglais.
- Schoenenberger GA, Monnier M. Characterization of a delta-electroencephalogram (-sleep)-inducing peptide. Proc Natl Acad Sci USA, 1977. PubMed
- Schneider-Helmert D, Schoenenberger GA. Effects of DSIP in man. Multifunctional psychophysiological properties besides induction of natural sleep. Neuropsychobiology, 1983. PubMed
- Kovalzon VM, Strekalova TV. Delta sleep-inducing peptide (DSIP): a still unresolved riddle. J Neurochem, 2006. PubMed
Mis à jour en octobre 2026.
Questions fréquentes
Le DSIP est-il un somnifère ?
Non. Il a été nommé d'après un effet observé chez le lapin. Aucun médicament à base de DSIP n'est autorisé en Europe ou aux États-Unis.
Pourquoi parle-t-on de sommeil « delta » ?
Les ondes delta sont les ondes lentes de l'électroencéphalogramme, typiques du sommeil profond. C'est leur augmentation chez le lapin qui a donné son nom au peptide.
Le récepteur du DSIP est-il connu ?
Non. C'est l'une des raisons pour lesquelles son mécanisme reste discuté.
Ce guide a une vocation informative et scientifique. Les produits PeptidLab sont destinés exclusivement à la recherche en laboratoire et ne sont pas destinés à la consommation humaine ou animale.